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Le pont de 1846

pont1846

En 1841, un grand ouvrage suspendu était projeté pour livrer passage à la "ligne de grande vicinalité n° 17" conformément à l'ordonnance Royale du 23 août 1841 et au cahier des charges qui y était annexé. Cet ouvrage d'une seule travée devait avoir une ouverture de 44 m, une largeur utile de 8 m entre garde corps (chaussée de 6 m et 2 trottoirs de 1 m) et un sous poutre de 7 m 80 au dessus des plus basses eaux d'étiage. La chaussée sur cet ouvrage devait être en bois. Le pont devait pouvoir supporter une charge de 200 kg/m².

Devant la dépense considérable sans doute peut-être faute de soumissionnaire, le projet était ramené à des proportions plus modestes par ordonnance royale du 26 janvier 1844. La largeur entre garde corps en particulier était réduite à 4 m 40 soit une chaussée de 2 m 20 et 2 trottoirs de 1 m 10 chacun, par contre l'ouverture était portée à 50 m, les autres prescriptions demeurant inchangées.

Cet ouvrage ne fut subventionné ni par l'État, ni par le Département et ni par les Communes. Il fut concédé à M. BERNARD auquel fut substitué plus tard M. BAYARD de la Vingerie. Pour lui permettre de récupérer le capital engagé dans la construction de l'ouvrage et l'aménagement des abords, il fut autorisé à percevoir des péages identiques à ceux versés pour le bac pendant 25 ans et 3 mois soit du 21 janvier 1846, date de l'ouverture à la circulation, au 20 avril 1871. Le 21 avril 1871 la totalité des installations devait revenir à la voie publique pour laquelle il avait été établi.

Ce pont consistait en un tablier en bois porté de chaque coté par un simple câble en fil de fer passant sur des colonnes en maçonnerie et amarré dans les culées. Par mesure de sécurité, le passage des lourdes voitures y était interdit ce qui s'était avéré très gênant pour les transports

Mais à la veille de l'expiration de la concession en septembre 1870, les autorités françaises détruisirent le tablier de l'ouvrage dans l'intérêt de la défense. Les culées restaient intactes.

Lorsque la paix fut conclue, le Gouvernement se préoccupa de la reconstruction du pont, on demanda que des études fussent entreprises dans ce but. Vers la fin de 1871, le service vicinal produisit un travail duquel il résultait que le rétablissement du tablier détruit coûterait 15 500 F somme que l'état acceptait de prendre à sa charge à titre de dommage de guerre.

(Archives Départementales de L'Aisne : 1 WPR 76)

L'existence de ce premier pont suspendu détruit en 1870 nous est confirmée par le plan cadastral de 1846 qui nous indique son implantation, et par les médaillons apposés sur le monument au centre de la Place de la République à Soissons.

pont1846aCe monument commémore la Défense de Soissons en 1870. Il fut inauguré en 1901. Sur le soubassement, trois médaillons de bronze rappellent les épisodes des sièges de la ville.

- La brèche du rempart de St Jean des Vignes

- L'incendie de l'Hôpital Général

- La destruction du Pont de Pommiers en 1870 par les Prussiens (ce médaillon est dirigé vers le  Boulevard Gambetta)



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